Acquisition d’une table de découpe numérique dans les ateliers matériaux souples à Pantin

Dans le cadre du PIA 2 « Futur des matériaux souples », et grâce au soutien de la Fondation Bettencourt-Schueller, la maison de Pantin a fait l’acquisition d’une table de découpe numérique. Cet outil permet au centre de formation de répondre aux mutations des métiers des matériaux souples en proposant une nouvelle pédagogie cohérente avec les attentes des entreprises, des référentiels des diplômes et certifications que les Compagnons du Devoir dispensent, du devenir des métiers. Elle contribue également au développement des formations continues ouvertes aux salariés en entreprise qui souhaitent monter en compétences. Les entreprises de la filière qui se développent ne produisent plus de manière artisanale mais industrielle. De nouvelles opportunités de postes en bureau d’étude et de prototypistes apparaissent et il est nécessaire de former à ces outils numériques pour permettre aux jeunes et aux salariés d’accéder à ces postes.

Rencontre avec trois acteurs privilégiés de cette action : Baptiste Bachelier, formateur en sellerie et chargé de mission numérique pour les métiers des matériaux souples chez les Compagnons du Devoir ; Valérie Maufay, responsable de la formation continue pour le Pôle d’excellence des matériaux souples des Compagnons du Devoir ; Boris Nedelec, formateur en maroquinerie à la maison des Compagnons de Pantin.

Baptiste Bachelier : « En tant que futur chargé de mission numérique chez les Compagnons du Devoir et en discussion avec Romain Schaffroth, sellier-garnisseur et pilote du projet numérique pour les métiers des matériaux souples, j’ai été sollicité pour l’achat d’un parc de FAO (Fabrication assistée par ordinateur) en atelier matériaux souples. Le budget alloué aurait pu permettre d’acheter plusieurs machines d’impression 3D, scan 3D, et prototypage rapide ; mais il a finalement été convenu d’investir dans une seule machine de découpe numérique qui soit représentative du matériel de découpe que les jeunes découvriront en entreprise. Cette machine est un premier pas vers le développement d’un parc FAO et permet également de développer les offres de formation continue. En tant que chargé de mission numérique pour les métiers des matériaux souples chez les Compagnons du Devoir, je travaille sur l’intégration de la CAO/DAO (Conception assistée par ordinateur / Dessin assisté par ordinateur) dans les formations pour les apprentis. Avec d’autres chargés de mission (menuisier, tailleur de pierre), nous développons des supports pédagogiques et des outils de formation pour qu’à partir de septembre 2020 les apprentis soient capables — au terme de leurs deux ans de formation initiale — de faire leurs dessins numériques sur ordinateur et d’envisager la conception assistée par ordinateur. Je travaille actuellement sur la réalisation de tutoriel vidéo pour l’utilisation du logiciel Rhino, ainsi que sur le développement du parc FAO. »

Valérie Maufay : « Au regard de l’évolution de la filière cuir, un Certificat de Qualification Professionnel (CQP) a été développé pour être dispensé à la maison des Compagnons de Pantin : le CQP Coupe en maroquinerie et chaussure. Les objectifs de cette formation sont, entre autres, de maîtriser les caractéristiques d’une matière pour en évaluer la conformité, d’organiser le placement des gabarits pour minimiser les pertes de matière, de programmer les machines et de réaliser les opérations de coupe. La machine de découpe numérique qui a été acquise est un modèle largement présent dans les entreprises, ce qui permet de répondre au mieux aux attentes des industries. Les machines étant très peu disponibles en entreprise, puisqu’elles sont utilisées pour la production au quotidien, l’acquisition de cette machine permet de dispenser les formations chez les Compagnons du Devoir et de créer éventuellement des sessions inter-entreprises où différents publics seront amenés à se rencontrer. »

Boris Nedelec : « La machine de découpe numérique présente dans les ateliers matériaux souples à Pantin correspond à l’une des deux marques incontournables en entreprise de maroquinerie et chaussure, en moyenne et grande production. La tête de coupe intègre plusieurs outils : une lame de coupe, une fraiseuse et un traceur. Elle permet de travailler sur tous types de matières souples et des cuirs épais comme le croupon pouvant aller jusqu’à 4 ou 5mm d’épaisseur.
Une formation complète est nécessaire pour bien appréhender les différentes fonctions de la machine. Une fois que les réglages sont optimaux, l’utilisation de cet outil permet d’obtenir une coupe parfaite et réalisable en très grand nombre. La coupe traditionnelle à la main nécessite une étape de ponçage complémentaire lorsqu’elle n’est pas parfaite. Par contre, la découpe à la main sera toujours une étape indispensable de la formation des apprentis et nécessaire pour le travail en relief et la surcoupe pour la pose des anses et des enchapes par exemple.
À partir de la réalisation de 10 pièces de découpe, il est intéressant de travailler en numérique. C’est également un gain de temps précieux pour la réalisation des gabarits : grâce au traceur, toutes les informations peuvent être annotées et la numérisation des différents gabarits simplifie les modifications et ajustements. D’autre part, l’acquisition d’une telle machine simplifie le débit de matière pour l’examen du CAP ou des formations pour les itinérants sur le Tour de France. Cet outil étant désormais incontournable dans les entreprises de maroquinerie et chaussure, les jeunes en formation sont conscients que l’appréhension de ces techniques permet une montée en compétences et l’accession à un plus grand nombre de postes de travail. »

© Sarah Mineraud / Les Compagnons du Devoir

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