Le freelancing poursuit sa progression en France, avec plus d’un million de personnes en activité indépendante et une hausse de 92 % en dix ans. Pourtant, parmi tous les statuts disponibles, l’un d’eux reste encore relativement confidentiel : le portage salarial. À peine 3 % des freelances y ont recours, alors qu’il offre une protection sociale complète que la micro-entreprise ne peut pas égaler.
Un secteur qui confirme son poids économique
Le rapport de branche PEPS 2025 dresse un bilan concret : 43 127 salariés portés recensés parmi les entreprises adhérentes, pour un chiffre d’affaires de 2,05 milliards d’euros. Le nombre de sociétés de portage actives a progressé de 130 % depuis 2015, signe d’un secteur qui s’est profondément structuré depuis l’ordonnance du 2 avril 2015, qui lui a donné une première définition légale, et la Convention Collective Nationale signée en 2017.
Pour un consultant qui souhaite se lancer, les modalités reposent sur trois contrats distincts : un contrat de travail (CDI ou CDD) avec la société de portage, une convention de portage précisant les conditions de la relation, et un contrat de mission signé entre la société de portage et le client final. C’est précisément ce mécanisme que détaille le dossier sur le portage salarial publié par EcommerceMag, avec un focus sur le démarrage d’activité de consultant.
Ce que le portage salarial change concrètement pour un consultant
Affilié à la Sécurité sociale comme n’importe quel salarié, le consultant porté accède aux indemnités journalières en cas d’arrêt maladie, aux droits au chômage (ARE), à la retraite complémentaire AGIRC-ARRCO et à une mutuelle prise en charge à 50 % par la société de portage. Le bulletin de paie mensuel facilite aussi les démarches bancaires : obtention d’un crédit immobilier, signature d’un bail.
La contrepartie, ce sont les frais de gestion prélevés par la société de portage, généralement compris entre 5 % et 12 % du chiffre d’affaires facturé. La Convention Collective impose par ailleurs un plancher de rémunération : entre 2 265 € et 3 400 € bruts selon le profil, ce qui suppose un taux journalier minimum de 250 € hors taxes pour que le montage reste viable légalement.
Un point à ne pas négliger lors du choix de sa société de portage : vérifier qu’elle dispose d’un agrément et d’une garantie financière. Le secteur compte 518 structures actives, et toutes n’offrent pas les mêmes garanties.
Des débouchés solides pour les consultants digitaux
Les domaines les plus représentés chez les entreprises de portage sont l’informatique (91 % des sociétés proposent des missions dans ce secteur), la formation (63 %) et la gestion de projet (49 %). Le conseil en e-commerce et en marketing digital s’inscrit naturellement dans ces catégories, dans un contexte de marché porteur : le chiffre d’affaires du e-commerce français est attendu à 200 milliards d’euros d’ici 2026 selon la FEVAD, alimentant une demande continue de consultants SEO, de managers acquisition et de spécialistes en social commerce.


